La matinée de ce mercredi 26 novembre 2025, les installations de la Radio -Télévision Nationale Congolaise (RTNC) antenne de Lubumbashi ont été encerclées par des éléments de la police militaire. Situation inaccoutumée qui a suscité l’inquiétude parmi les agents qui se sont vu empêchés de tenir leur assemblée générale. La tension est montée d’un cran parmi le personnel qui ne cache pas leur désaveu contre leur directeur provincial, Christophe Lokanga Lilemo.
Selon les agents mécontents, la tenue de leur assemblée générale a été plusieurs fois refusée par le directeur provincial, lequel fait face à des accusations de détournement de fonds.
Dans leur mémo lui adressé et déposé auprès du ministre provincial en charge de la Communication et médias, les agents meurtris et clochardisés par la gestion catastrophique de leur directeur, exigent la clarification dans la gestion de plusieurs fonds, tout en appelant carrément à son départ sans délai.
Il faut noter que l’incident de ce mercredi intervient dans un contexte de crise totale de confiance entre l’ensemble du personnel et le directeur provincial. L’on se plaint de la gestion quasiment opaque des ressources financières générée par la station. Alors qu’à ce jour, la RTNC/Lubumbashi n’émet plus de signal depuis environ 6 mois. Ce qui impacte davantage la mission publique dévolue à la RTNC et renforce la frustration au sein du personnel. Le directeur se contente de faire des choses [réparation d’un véhicule qui n’a pas des pneus pour rouler, remettre certaines vitres cassées, pour justifier les dépenses colossales, Ndlr], ignorant les priorités réelles telles que la réparation du générateur [pour environ 300 dollars seulement], ou encore l’achat d’un lap top pour 1.300 dollars, devant permettre de se connecter sur Start time.
En convoquant cette assemblée générale, l’intersyndicale provinciale de la RTNC voulait exiger la redevabilité pour une gestion transparente des ressources financière. Mais aussi d’envisager des mesures urgentes pour une gestion transparente afin de calmer la situation. Affichant une attitude intransigeante et stoïque, le directeur provincial a choisi, plutôt, le bras de fer en recourant vainement aux forces de l’ordre. Voilà qui a dégénéré, au point où les agents exigent sans désemparer son départ.
Les agents en colère, se sont dits ‘’se réserver le droit’’ d’entreprendre des actions pour défendre leurs intérêts moraux et matériels au cas où ils ne trouvent pas gain de cause à leur revendication. Pour l’instant, le principal et inconditionnel desiderata, c’est la mise à l’écart de Christophe Lokanga Lilemo, jurent-ils. L’on apprend qu’une pétition est en cours de signature pour en finir avec lui.
Au-delà des accusations de détournement, le mémorandum évoque également une mauvaise gestion attribuée au directeur provincial, Christophe Lukanga. Ce dernier jouerait en même temps le rôle de facturier et de recouvreur en lieu et place des services commerciaux.
Le mémo laisse voir que « Plus de 20 000 dollars, perçus sur deux ans auprès des locataires, ne sont pas justifiés. Vous niez toute implication en prétextant l’absence de documents, ce qui est paradoxal puisque la commission émanait de votre propre initiative. », peut-on lire.
« Cette gestion opaque a des conséquences directes sur les droits du personnel, notamment la prime due aux représentants syndicaux, impayée depuis près de deux ans. Face à votre inaction, la délégation syndicale a été contrainte de vous informer de son intention de prélever l’équivalent de trois mois d’arriérés de loyers pour couvrir ces frais, une mesure extrême dictée par votre manquement à vos obligations. », souligne le mémo.
Selon le même document, la RTNC/Lubumbashi bénéficie de plusieurs ressources provenant de partenaires tels que la SNEL, la REGIDESO, Chemaf, les mairies de Lubumbashi et de Likasi, ainsi que des recettes issues de la publicité et de certaines émissions, restent injustifiées. A titre illustratif, on dénonce la disparition de 9.000.000 francs congolais payés par l’entreprise Chemaf et 4.000 dollars américains de la part de la Snel.
Mme Sylvie Elenge, directrice générale de la RTNC devrait vite prendre de mesure pour éviter d’être considérée complice dans la gestion de celui que d’aucuns présentent comme son poulain. « Vous devez savoir que M. Christophe vient de l’Ituri, une zone en guerre. C’est pour lui permettre de se reposer », aurait déclaré la DG Sylvie lors de la prise de service de directeur provincial actuel de la RTNC/Haut-Katanga. Une phrase qui résonne encore dans les oreilles des agents. Et dire que Lubumbashi est la deuxième station en terme d’importance pour qu’un chef vienne seulement en repos !
Asia Kayombo Victoria