RDC – Piratage de la CAN Maroc 2025 : le CSAC suspend 24 chaînes de télévision

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a frappé un coup de semonce dans le paysage médiatique congolais. Dans un communiqué officiel publié ce lundi 22 décembre 2025, l’organe de régulation a annoncé la suspension immédiate de 24 chaînes de télévision pour une durée de 45 jours, assortie du retrait de leur signal, pour diffusion illégale des matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025).

Cette décision marque l’une des interventions disciplinaires les plus lourdes jamais prises par le CSAC depuis sa création. Ceci, traduit une volonté claire de mettre fin aux pratiques de piratage audiovisuel devenues récurrentes dans le secteur, pensent certains observateurs.

Les chaînes concernées sont essentiellement des médias locaux opérant dans plusieurs grandes villes du pays. La liste se répartit de la manière suivante : 2 chaines pour la ville portuaire de Matadi dans le Kongo Centrakl (Bula Matadi TV et RTM), une dizaine dans la capitale Kinshasa (Bsport TV, CRTV, Central TV, De la Foi TV, Fournisseurs de Jésus Travelling TV, Kinshasa TV, 10ᵉ Rue TV, RTEC, Six TV, Sport7-TV). Lubumbashi, la capitale du cuivre n’a pas été épargnée avec 9 maisons sanctionnées (Shaloom TV, CRTV via Solar TV, Dynamique TV, Fire TV, Magloire TV, MB TV, M6 TV, Mwangaza TV, RTIV), tandis que Kolwezi et Likasi ont été frappés respectivement avec 1 (RTMA) et 2 (Alfajiri TV et Héro TV)

Violation caractérisée des droits de diffusion

Selon le CSAC, ces médias ont procédé à la retransmission non autorisée de contenus protégés, notamment des rencontres de la CAN 2025. Ce qui est une violation flagrante des lois nationales sur la propriété intellectuelle ainsi que des conventions internationales régissant l’exploitation des œuvres audiovisuelles.

L’organe de régulation rappelle que la diffusion d’événements sportifs sous licence est strictement encadrée et ne peut s’effectuer qu’après acquisition légale des droits auprès des détenteurs agréés. Toute entorse à cette règle constitue une infraction passible de sanctions administratives sévères.

Un signal fort envoyé au secteur médiatique

Par cette décision d’envergure, le CSAC entend resserrer l’étau contre le piratage audiovisuel. Ce phénomène fragilise l’économie des médias, décourage les investissements légaux et porte atteinte à la crédibilité du secteur audiovisuel congolais.

La CSAC affirme vouloir instaurer une culture de respect des règles, dans un environnement médiatique longtemps caractérisé par une régulation jugée laxiste.

Si la mesure est saluée par certains observateurs comme un pas décisif vers l’assainissement et la professionnalisation du paysage audiovisuel national, pour d’autres, elle soulève également des interrogations légitimes. Les débats portent notamment sur la formation des responsables de médias, l’accès équitable aux droits de diffusion, mais aussi sur la proportionnalité des sanctions administratives au regard de la liberté de la presse.

Toutefois, une chose est certaine : le CSAC vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans la régulation des médias en RDC. Ceci montre que le respect des normes juridiques et économiques semble désormais non négociable.

Affaire à suivre.

Asya Kayombo Victoire

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