Face à la persistance de la crise sécuritaire et politique en République démocratique du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a une nouvelle fois élevé la voix. Lors de la quinzième assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC), le président de la CENCO a dénoncé l’inaction des autorités congolaises face aux appels répétés au dialogue portés par les Églises.
Prenant la parole devant les représentants de la RDC, du Burundi et du Rwanda réunis à l’occasion de la quinzième assemblée plénière de l’ACEAC, le cardinal Fridolin Ambongo a exprimé son profond mécontentement face à l’absence de réponse concrète des autorités congolaises aux initiatives de dialogue lancées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
Depuis plusieurs années, la CENCO multiplie les efforts de médiation et d’apaisement : appels pastoraux, messages prophétiques, rencontres avec les acteurs politiques et sociaux, propositions de cadres de dialogue inclusifs, notamment après la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Ces démarches, menées souvent au prix de fortes pressions, visent à prévenir l’escalade de la violence et à favoriser des solutions pacifiques et durables.
« Si les appels de la CENCO et de l’ECC avaient été entendus, notamment après la prise de Bunagana, combien de vies humaines auraient pu être épargnées ? », a déclaré le cardinal Ambongo, dans une interpellation directe du pouvoir.
Pour le prélat congolais, l’entêtement dans le refus du dialogue aggrave la fracture entre les gouvernants et les gouvernés. Il a appelé les autorités à sortir de l’immobilisme, à écouter la voix des citoyens relayée par les Églises et à engager un dialogue sincère, courageux et inclusif.
Cet appel solennel souligne l’urgence d’une réponse collective face aux menaces qui pèsent sur la stabilité du pays et de la sous-région. À défaut d’actions concrètes, a averti le cardinal, le silence d’aujourd’hui risque de nourrir les drames de demain.