Il est des lieux où le respect, la décence et la considération envers les usagers devraient constituer le socle de toute gestion. La nécropole Rivière des Anges, espace censé incarner le recueillement et la mémoire, semble malheureusement s’éloigner de ces principes fondamentaux pour s’enfoncer dans une logique mercantiliste préoccupante.
Depuis plusieurs mois, un problème aussi élémentaire que crucial persiste à la nécropole rivière des anges de Kasangiri à Lubumbashi. Il s’agit de l’absence de toilettes fonctionnelles pour les visiteurs. Les installations sanitaires autrefois disponibles dans l’enceinte sont désormais fermées, sous prétexte qu’elles seraient bouchées. Une situation qui perdure, sans qu’aucune solution concrète ne soit apportée, malgré les moyens financiers conséquents que génère ce site à travers ses services coûteux.
Comme si cela ne suffisait pas, les visiteurs sont désormais contraints de payer un droit d’entrée oscillant entre 500 et 1000 francs congolais, selon les besoins. Une mesure qui, loin d’améliorer les conditions d’accueil, accentue plutôt le sentiment d’injustice et d’exploitation. Payer pour accéder à un lieu de recueillement, sans bénéficier des commodités de base, relève d’un mépris manifeste envers les usagers.
La situation devient encore plus choquante avec l’installation d’un bistrot considérait de « VIP » au sein de la nécropole. Dans cet espace, les consommations sont proposées à des prix jugés discriminatoires, sans pour autant offrir le minimum requis en termes d’infrastructures sanitaires. Les clients, après avoir payé leurs boissons à des tarifs élevés, sont contraints de parcourir entre 200 à 300 mètres pour se soulager. Et cela, en déboursant à nouveau.
Selon des sources proches de la direction, ce bistrot serait exploité par un privé, dont l’identité reste inconnue du grand public. Une gestion externalisée qui semble davantage orientée vers la maximisation des profits que vers le bien-être des visiteurs.
Ainsi, la nécropole Rivière des Anges tend à se transformer en un symbole inquiétant d’un capitalisme sans humanisme, où la rentabilité prime sur la dignité, même dans un lieu aussi sensible que celui du repos des défunts.
Cette dérive devrait interpeller les autorités compétentes et les gestionnaires du site. Il est urgent que chacun prenne ses responsabilités. Restaurer des conditions sanitaires décentes n’est pas un luxe, mais une exigence minimale. Mieux encore un droit. Car au-delà des recettes générées, c’est la dignité humaine qui est en jeu.
L’œil du Jaguar