Lubumbashi – conflit foncier au quartier Kimbeimbe : quand Maguy Ndua prend en otage l’intérêt général

Au quartier Kinbeimbe, dans la commune Annexe de Lubumbashi, un litige foncier oppose une famille à toute une population riveraine, paralysant un axe public vital. Malgré les multiples saisines des autorités administratives, judiciaires et politiques, l’inaction de l’État alimente la tension, fragilise l’intérêt général et fait planer le risque d’un embrasement social pourtant évitable.

Un différend foncier et social d’ampleur oppose la famille du feu professeur Ndua Solol Kanampumb, représentée par la veuve Maguy Musol du centre Baloo, aux habitants de l’avenue Tshilombo, au quartier Kinbeimbe, dans la commune Annexe. Au cœur de cette controverse : l’aménagement et l’usage d’un axe public stratégique, aujourd’hui bloqué par une revendication de propriété privée contestée.

Pour les riverains, l’avenue Tshilombo n’est pas un simple passage : elle constitue le principal couloir d’accès routier et de drainage du secteur. Confrontée à des problèmes récurrents d’érosion et d’inondations, la population s’est organisée pour réaliser des travaux communautaires de creusement de caniveaux. Ces initiatives d’intérêt collectif ont toutefois été brutalement interrompues par Mme Maguy Musol, qui affirme que l’emprise de l’avenue ferait partie intégrante de sa concession privée.

Les habitants réfutent cette thèse en s’appuyant sur un fait historique documenté. En 2009, la famille Ndua Solol aurait volontairement cédé un passage d’environ 200 mètres sur 7 mètres de large à M. Karl Mwez, afin de lui permettre l’accès à sa parcelle, et partant de tout le quartier. Cette cession, jamais officiellement remise en cause pendant plus de quinze ans, a permis des investissements publics conséquents, dans un esprit de développement local reconnu par tous.

Depuis lors, ce tronçon accueille des infrastructures publiques majeures, notamment une conduite d’eau de la REGIDESO et des câbles de la SNEL, alimentant plusieurs ménages du quartier, y compris le centre Baloo lui-même. Un fait qui conforte, aux yeux des riverains, le caractère public et d’utilité collective de cette voie.

Le conflit a pris une tournure plus grave à l’annonce, par le gouvernement provincial du Haut-Katanga, du projet d’asphaltage de l’avenue Tshilombo, débouchant sur le tronçon Karl Mwez. Mme Maguy Musol s’y est opposée de manière frontale, allant jusqu’à ériger précipitamment une construction de fortune à l’exutoire de l’avenue, bloquant toute intervention technique au moment même où les engins étaient attendus. Une attitude jugée provocatrice et peu citoyenne par les habitants. Il sied de signaler que la conduite d’eau qui alimente tout le quartier passe en dessous de la maisonnette bloquant le passage.

Pire, Mme Musol aurait exigé 5 000 dollars américains pour autoriser le passage, alors même que l’espace aurait été cédé pour usage public depuis plus d’une décennie. Une partie de cette somme aurait déjà été versée, selon plusieurs sources locales, dans un climat de confusion et de pression.

Les riverains dénoncent également des faits préoccupants : l’instrumentalisation présumée de personnes vulnérables, notamment des enfants vivant avec des troubles mentaux, pour intimider la population mobilisée. Des accusations graves, formulées sous réserve d’enquête, qui interpellent sur la protection des personnes vulnérables et la responsabilité des autorités.

Face à cette situation explosive, plus de 200 signatures ont été collectées sur une lettre ayant pour objet « Plainte collective contre Madame Maguy Nduwa Musole », adressée au maire de la ville de Lubumbashi [ dont une copie d’accuser réception est parvenue à notre rédaction, Ndlr], avec des ampliations aux hauts responsables du parquet, au président de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, au ministre provincial en charge de l’Urbanisme, Habitat et Affaires Foncières, à la  bourgmestre de la commune Annexe, Mireille Kileshe et aux services du cadastre de la circonscription foncière de Lubumbashi – Est que pilote le géomètre Julien Kinda, ainsi aux responsables de la sécurité. Depuis, silence radio. Une inertie institutionnelle incompréhensible, vécue par la population comme une défaillance grave de l’État, voire une forme de mépris.

Selon certaines indiscrétions, Mme Maguy Musole aurait depuis revu ses exigences à la hausse, nourrissant soupçons et incompréhension. Pour les habitants, cette attitude oscille entre cupidité, mauvaise foi et versatilité, d’autant plus que la concession concernée aurait été acquise gratuitement à des fins sociales.

Aujourd’hui, la balle est clairement dans le camp des autorités. A force d’inaction, il y a crainte de laisser prospérer un conflit qui menace la cohésion sociale et sacrifie l’intérêt général. Attendent-elles [les autorités] le pire pour intervenir ? L’histoire jugera sévèrement cette passivité.

Dans notre prochaine livraison, nos enquêtes mettront en lumière le dessous des cartes au niveau de l’appareil judiciaire dont les démarches pourtant constructives avaient déjà entamé et le laxisme inexplicable du cadastre qui avait aussi amorcé la résolution du conflit.

Affaire à suivre

Kachina Mwito

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