Après le drame meurtrier de Kasumbalesa ayant fait au moins 23 morts, l’armée congolaise hausse le ton dans l’espace Grand Katanga. Face à la montée des tensions sociales, aux réseaux de manipulation et aux risques de déstabilisation dans cette région stratégique et frontalière, le commandant de la 22ᵉ région militaire des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général de brigade Eddy Kapend Irung, décrète l’alerte maximale et prévient que toute tentative de trouble à l’ordre public sera neutralisée sans complaisance.
Le commandant de la 22ᵉ région militaire des FARDC, le général Eddy Kapend, a annoncé le maintien de toutes les unités militaires en alerte maximale sur l’ensemble de l’espace Grand Katanga. Une posture défensive et dissuasive assumée, alors que la région fait face à des tensions sécuritaires diffuses, nourries par des frustrations sociales, des enjeux économiques liés aux corridors miniers et commerciaux, ainsi que par des tentatives de récupération politique.
C’est au cours de la parade mixte FARDC-PNC tenue ce lundi 22 décembre au camp major Vangu de Lubumbashi que le numéro un de l’armée dans cette partie du territoire national a fait cette mise en garde sévère.
Saluant un climat sécuritaire « relativement stable » enregistré en 2025 finissant, le général Eddy Kapend a, toutefois, fait savoir que cette stabilité demeure fragile. Car, selon toujours lui, elle est constamment mise à l’épreuve par des poches de violence urbaine, des trafics transfrontaliers et des discours incendiaires exploitant la précarité sociale.
Abordant le drame survenu à Kasumbalesa, cité frontalière stratégique située à environ 90 km de Lubumbashi, le commandant de la 22ème région militaire a confirmé un bilan provisoire de 23 morts. Il a précisé que des enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités. Plusieurs civils ont déjà été interpellés quant à ce. Au-delà du bilan humain, ces violences mettent en lumière les fractures sociopolitiques persistantes, notamment la pauvreté endémique, la gouvernance locale contestée et la militarisation progressive de certains conflits à l’origine sociale.
Dans un contexte national marqué par l’insécurité à l’Est et par un resserrement de l’espace civique, les autorités militaires redoutent que des foyers de tensions locales soient instrumentalisés à des fins de déstabilisation plus larges. D’où le message sans ambiguïté du général Eddy Kapend, qui a rappelé aux troupes le caractère régalien et stratégique de leur mission dans cette partie du pays.
Il a exhorté les militaires et policiers à la loyauté absolue envers la République, à une discipline irréprochable et à une vigilance accrue, mettant en garde contre toute fuite, compromission ou trahison, dans un environnement où les lignes entre contestation sociale, criminalité et manipulation politique tendent de plus en plus à se brouiller.
Consolatte Nawej