Prévue pour accueillir seulement 50 détenus, la prison de Boma, dans la cité minière de Kipushi, en héberge aujourd’hui 431. Face à une surpopulation devenue critique, les députés provinciaux, les autorités judiciaires et la société civile ont lancé une opération de décongestion saluée comme une réponse urgente à un risque majeur pour la sécurité et les droits humains
La Gouvernance Sécuritaire et Paix (GSP), structure du Cadre de Concertation de la Société Civile et l’Observatoire Citoyen de Sécurité Régional Grand Katanga, ont salué l’opération de décongestion menée au cours du mois de mai 2026 à la prison de Boma, dans le territoire de Kipushi.

Cette initiative est portée par les députés provinciaux du Haut-Katanga sous la conduite du président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Michel Kabwe, et de la vice-présidente, en étroite collaboration avec les instances judiciaires et les organisations de la société civile.
Le constat à l’origine de cette action est alarmant. Conçue pour une capacité maximale de 50 pensionnaires, la prison de Boma abrite actuellement 431 détenus, soit plus de huit fois sa capacité normale. Une promiscuité extrême qui expose les détenus à des conditions de vie difficiles et accroît les risques sécuritaires au sein de l’établissement pénitentiaire.
Pour la GSP, cette opération constitue un signal fort de la volonté des autorités provinciales et judiciaires de s’attaquer à une problématique longtemps restée sans solution durable. L’organisation estime que la concertation entre élus, magistrats et acteurs de la société civile démontre que le dialogue institutionnel peut produire des réponses concrètes aux défis liés à la sécurité publique et à la protection des droits fondamentaux.
L’Observatoire Citoyen de Sécurité du Grand Katanga a, par ailleurs, exprimé sa gratitude envers l’ensemble des autorités et partenaires impliqués dans cette démarche. Il les encourage à poursuivre les efforts engagés afin de réduire durablement la surpopulation carcérale et d’améliorer les conditions de détention conformément aux exigences légales ainsi qu’aux standards nationaux et internationaux en matière de droits humains.
Pour les acteurs de la société civile, la situation de la prison de Boma illustre l’urgence d’une réforme plus profonde du système pénitentiaire. Cela permettrait d’éviter que les établissements carcéraux ne deviennent des foyers de tensions, d’insécurité et de violations des droits de la personne.
L’œil du Jaguar