La République démocratique du Congo semble avancer dangereusement au rythme d’un vacarme politique devenu assourdissant. Alors que l’Est du pays continue de saigner sous l’insécurité, que la misère gagne les foyers et que le désespoir social s’installe dans le quotidien des citoyens, le débat sur un éventuel changement de la Constitution surgit comme une étincelle dans une poudrière nationale déjà fragile.
Boycott des travaux parlementaires par l’opposition, menaces de villes mortes, soupçons de pressions exercées sur certaines Églises dites de réveil pour relayer le discours du changement constitutionnel : autant de signaux qui traduisent un climat politique tendu, opaque et préoccupant. A mesure que les discours se radicalisent, le risque d’une rupture entre gouvernants et gouvernés devient de plus en plus palpable.
Au lieu de rechercher le consensus autour des urgences nationales, la classe politique semble s’enfermer dans une bataille de positionnement et de pouvoir. Pourtant, le peuple attend autre chose de ses dirigeants : la sécurité, la stabilité, l’emploi, l’eau, l’électricité et la dignité.
L’histoire enseigne qu’aucune nation ne sort grandie lorsque les ambitions politiques prennent le dessus sur les souffrances populaires. Car lorsqu’un peuple affamé assiste à des querelles de pouvoir pendant que son quotidien s’effondre, l’avenir cesse d’être une espérance collective pour devenir une inquiétude nationale. Epargnez le peuple de votre insconscience.